Et si jamais

Les questions que vous pouvez vous poser.

     « Il paraît que vous n’avez pas de programme, rien de concret ni de réaliste. Vous n’avez d’ailleurs rien à dire pour protéger le passage pour piétons de ma rue… « 

Bon, prenons une graaaaande respiration (et une petite tisane ?). Notre « programme » (= ce que nous allons faire) se trouve dans l’onglet “Elections” : organiser au moins 4 assemblées citoyennes par an, dont les décisions seront portées telles quelles par nos élus au Conseil. Leur fonctionnement évoluera au fil des expériences pendant les 6 années à venir. C’est un programme qui sera élaboré par un maximum de Carbonnais (nous l’espérons) mais qui en réalité est ambitieux (il faudra tenir le rythme, attirer des participant·es varié-e-s, financer la logistique, ..)

Comme nous voulons travailler sur une méthode, nous n’apporterons pas toujours de réponses à des problèmes concrets ou de court terme si nous ne sommes pas en majorité au conseil municipal. Mais notre projet est de lancer un laboratoire, grandeur nature, pour apprendre à construire des solutions collectives – et non individuelles. Nous pensons d’ailleurs qu’apprendre à construire des solutions collectives nous permettra d’élaborer des solutions à des problèmes de long terme… ce pour quoi notre système politique représentatif fonctionne très mal aujourd’hui.

Bref, notre programme, c’est de tester de nouvelles méthodes pour décider ensemble dans notre ville.

La question des tracts a été débattue dans le collectif car (1) leur efficacité est limitée alors qu’ils agacent une bonne partie des gens et (2) nous ne pouvons pas en imprimer en grand nombre car nous fonctionnons grâce aux dons de sympathisants et des forces vives du collectif.

Pour les boîtes aux lettres, nous avons décidé de distribuer un seul tract. À l’occasion du boîtage nous espérons rencontrer le plus possible de personnes et les convier aux tables de quartier. C’est à ces occasions que nous pourrons le mieux développer nos aspirations démocratique pour notre ville. Et voilà !

Vous n’avez rien reçu dans votre boite aux lettres ? Vous trouverez les fichiers de nos imprimés électoraux dans l’onglet Élections 2020, rubrique affichez-vous.

En fait, pour nous, la complexité des dossiers ce n’est pas le porte-parole qui l’abordera… mais bien l’assemblée et les groupes en charge de les fouiller et les mener. Le porte-parole devra plutôt développer des compétences pour exposer les problématiques, rapporter une décision collective et la défendre en public …

Le rôle de l’élu·e porte-parole n’a rien à voir avec le rôle d’un politique actuel… donc il faudrait reformuler la question : « une assemblée permanente n’a-t-elle pas plus le temps d’acquérir l’expérience nécessaire pour appréhender la complexité des dossiers (qui atterrissent nombreux et techniques) et pour porter les projets de manière efficace au travers des méandres des institutions ? ».

Assez de ces pseudos experts en tout à la radio et à la télé. Vous êtes les experts de votre ville et de votre vie. Un élu n’est pas choisi pour ces compétences de footballeur pour diriger la commission jeunesse et sport. L’expertise doit venir de ces citoyens qui seront de toute façon épaulés par ces élus et les personnels de mairie qui eux restent une constante.

« Est-ce qu’il n’y a pas un risque que l’assemblée citoyenne prenne des décisions à l’encontre de mes valeurs (ex. par rapport aux migrants) ? »

Oui..mais non 🙂

Le but des assemblées est de chercher et trouver, ensemble, un mode de fonctionnement démocratique. Or, une base fondamentale de la démocratie est le débat. Et un débat est une rencontre de points de vue, pas un affrontement (comme celui des “(d)ébats” télévisés du dimanche…). Le but de ces assemblées n’est donc pas une simple addition d’opinions ou avis individuels, comme le fait une consultation populaire. Bien au-delà, le but est d’apprendre à construire des solutions collectives. Et là nous devons admettre que la route sera longue (et passionnante).

Concrètement, les prises de décisions seront probablement difficiles au début, car nos méthodes devront être mises au point. Mais en tout les cas, elles seront toujours balisées par une recherche du bien commun. Et le fonctionnement des assemblées sera lui-même encadré par des règles de respect et de bienveillance.

« Les hommes et femmes politiques sont-ils tous pourris ? »

Non, bien évidemment ! La très grande majorité des personnes qui se « mêlent de faire de la politique » sont des personnes de bonne volonté qui ont l’envie sincère l’améliorer le monde (heureusement !). Nous nous défions du système politique représentatif et particratique, pas a priori des personnes qui évoluent à l’intérieur.

« Que ferez-vous après les élections. Si vous atteignez un beau score vous devrez assumer votre rôle, vous asseoir autour de la table et jouer le jeu. »

“Assumer son rôle” et “jouer le jeu” collent bien avec le système électif représentatif actuel, dont nous souhaitons nous écarter. “Jouer le jeu”, si on s’en réfère aux pratiques en usage, consiste à trouver une alliance qui permettra de reléguer un adversaire politique dans un rôle qu’on appelle “opposition”, en s’assurant une place pour « monter au pouvoir ». Quitte à “s’asseoir autour de la table” — autrement dit faire une alliance — entre partis peu compatibles entre eux, « parce que qu’on a toujours fait comme cela ».

Notre objectif est de mettre en place un fonctionnement politique le plus démocratique possible et qui s’écarte donc de cette rhétorique dépassée. Pour nous, l’élu doit se faire le plus petit possible et laisser la place à l’intelligence collective des citoyens.

Notre programme est notre méthode, ce qui est à la fois très simple et terriblement ambitieux, car en rupture radicale avec le concept de positions pré-établies et le fonctionnement politique actuel.

Qu’est-ce qui vous différencie des partis traditionnels ?

Changement de paradigme : on remet le citoyen au centre de la politique et des décisions, l’élu est (simplement) porte-parole. De plus, nous sommes indépendants des autres niveaux de pouvoir et de tout parti.

La démocratie est le cœur de notre projet, et c’est pourquoi c’est le seul contenu de notre « programme ».

Dans notre esprit, la démocratie requiert des méthodes décisionnelles privilégiant:
– le tirage au sort,
– la rotation des rôles,
– l’horizontalité,
– l’inclusion,
– la révocation.

Enfin, quelques points caractéristiques à notre collectif :
Nos élu·es ne voteront pas suivant leur conviction personnelle (le conseil des sages s’en assurant), mais suivant ce que les assemblées auront décidé.
Pas d’accord pré-électoral.
Pas de carte de parti.